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Santa Muerte, sainte patronne des trafiquants, des criminels et des prostituées

Dessinée sur le mur des cellules de prison, collée sur les vitres d´un taxi ou tatouée sur le torse des délinquants, la Santa Muerte est une figure morbide et effrayante apparue au Mexique dans les années 60. L´histoire raconte qu´un paysan du village de Catemaco aurait vu apparaitre le visage de la Santa Muerte dans sa maison et qu´il serait allé demander au prêtre de la considérer comme une sainte. Celui-ci aurait refusé et son culte fut classé parmi les rites satanistes.

La Santa Muerte serait une représentation contemporaine de Mictecacíhuatl, la reine des morts. Elle est apparue à une époque de grandes inégalités, avec une marginalisation grandissante des plus pauvres qui se sont rapidement identifiés à cette déesse malfaisante aux allures de sorcière. Le culte de la Santa Muerte combine les traditions polythéistes précolombiennes et le catholicisme.

La Santa Muerte est la déesse des laissés-pour-compte, des drogués, des enfants des rues, des marginaux, des homosexuels, des kidnappeurs et des prostituées. On lui demande amour, chance, argent et protection… mais elle serait aussi capable de jeter le mauvais sort sur l´ennemi ou le rival. Face à une église catholique élitiste et puritaine, la Santa Muerte est réputée pour venir en aide à ceux qui vivent la « mala vida ».

Puisque le culte de la Santa Muerte n´est pas reconnu par l´église catholique, ce sont des civils qui entretiennent les icones placées (la plus importante se trouve dans le quartier de Tepito, au coeur de Mexico) dans des quartiers souvent mal-famés, vendent les chapelets et guident les croyants dans leurs prières. Les fidèles apportent souvent des offrandes à la Santa Muerte: confiseries, pommes, fleurs, alcool, tabac et marijuana. La justification de sa sainteté tient dans le fait que la mort vient frapper la vie de tous les citoyens, qu´ils soient bons ou mauvais.

Représentée sous la forme d´un squelette couvert d´une cape et d´une capuche pointue, elle porte dans ses main un globe (ou une balance) et une faux, symboles de justice dans une réalité incertaine.

C´est l´une des icones de la fete des morts, célébrée dans tout le pays le 2 novembre.

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